La vigne en fleur

La floraison est une étape importante dans le cycle végétal de la vigne. Elle intervient généralement huit semaines après le débourrement et s’étend entre huit à quinze jours. Elle est favorisée par un temps ensoleillé, chaud et sec, avec une température variant de 18 à 25 °C, mais elle peut aussi bien s’effectuer par temps humide et froid. Dans ce cas, elle peut durer plus de vingt jours. Chaque grappe va porter entre 100 et 200 fleurs.

Quand 100% des grains sont en fleur, on considère que nous sommes « en pleine fleur ». La pleine fleur permet au vigneron d’estimer plus ou moins la date des vendanges. A climat normal, il compte plus ou moins 100 jours depuis la pleine fleur. Certains cépages sont un peu plus précoces, d’autres un peu plus tardifs.

AUTO-POLLINISATION

La vigne, hermaphrodite, s’auto-pollinise, le beau temps et un léger vent favorisent donc une bonne pollinisation. Cette période est déterminante pour la quantité produite car c’est à ce moment que les inflorescences se transforment en futurs fruits. Le processus peut être décomposé. Dans un premier stade,  les étamines (organe mâle) libèrent du pollen (gamète mâle) qui vient se déposer au niveau du pistil (organe femelle) et fécondera alors les ovaires (gamète femelle) contenues dans celui-ci. Les ovules fécondés donneront des pépins de raisins qui se formeront en même temps que la future baie de raisin. Cette transformation de baie en fleur est appelée la nouaison.

millerandage

Coulure et millerandage

RISQUES

Bien que la vigne soit robuste à cette époque du cycle végétal, l’auto-pollinisation n’en reste pas moins délicate. Une auto-pollinisation imparfaite donnera lieu au millerandage caractérisé par un sous-développement de certaines baies, ainsi que par une maturité hétérogène dans la grappe.

Le climat joue un rôle de premier ordre durant l’auto-pollinisation. La quantité vendangée est en rapport direct avec un temps ensoleillé, assez chaud et légèrement venteux. Un peu de pluie ne créera pas d’incident, mais une pluie prolongée diminuera la qualité de l’auto-pollinisation. Le vigneron sera alors confronté à une récolte plus faible au niveau quantitatif. Un fort déficit risque même d’avoir une incidence qualitative.

Si la température n’est pas assez élevée, le capuchon floral ne décollera pas ou seulement partiellement, ne laissant apparaître que 1 ou 2 étamines. La fécondation ne sera pas parfaite.

Mai, juin est aussi la période des orages. Ils forment un risque majeur pour la vigne. Dans le meilleur des cas, seuls les fleurs sont détruites et un second cycle végétatif peut être entamé. Dans le pire des cas, un orage violent est à même de détruire entièrement une parcelle. Ce fut le cas il y a 2 semaines à Macau (Haut-Médoc) et à Blaye. 16.000 Hectares de vigne furent détruits en moins de 10 minutes. Les cépages précoces risquent plus la coulure due au climat que les cépages tardifs. Normal, le climat est en général meilleur au troisième tiers qu’au second tiers du printemps.

Les parasites et maladies peuvent aussi être une source de coulure. L’acariose, le brenner et le court-noué sont les plus connues. En cas de court-noué, la plante entière est condamnée.

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